Dans la communication courante, on utilise souvent les termes « entendre » et « écouter » indifféremment, mais combien de fois avez-vous entendu quelqu'un dire : « Est-ce que tu m'écoutes au moins ? » ou « Tu entends, mais tu ne m'écoutes pas » ? Bien qu'il existe des similitudes entre ces deux termes, il y a aussi des différences très importantes.

Écouter quelqu'un exige d'être un participant actif et attentif à la communication, présent et faisant un effort supplémentaire pour enrichir et donner du sens à la conversation. L'écoute est une activité passive, un processus naturel et involontaire. Par exemple, il arrive que l'on se laisse distraire pendant une conversation, que l'on se sente submergé par les informations, ou que l'on réfléchisse déjà à la façon dont on va répondre. Tant de choses occupent notre esprit alors que nous devrions être pleinement attentifs et immergés dans la conversation.

Lorsque notre esprit vagabonde , nos oreilles continuent de fonctionner. Nous entendons l'autre personne, mais nous ne l'écoutons pas vraiment. Nous percevons passivement le son de ses paroles comme un bruit de fond, tandis que notre esprit est occupé ailleurs. Si cela se produit fréquemment, l'autre personne ressent notre distance, notre manque d'intérêt et notre retrait de la conversation, ce qui peut engendrer des malentendus et des problèmes relationnels.

Si vous souhaitez maîtriser l'écoute attentive et tisser des relations solides et profondes, il est essentiel de comprendre la différence entre entendre et écouter. Ainsi, les personnes qui vous entourent se sentiront importantes, comprises et valorisées, et vous acquerrez une meilleure compréhension du monde et des gens qui vous entourent.

Dans cet article, nous allons mettre en lumière les similitudes et les différences entre ces deux activités et tenter d'expliquer de manière exhaustive comment devenir un meilleur auditeur.

Qu'est-ce qu'entendre et qu'est-ce qu'écouter ?

L'ouïe est le processus psychophysiologique de détection des vibrations (ondes sonores) par l'oreille, lesquelles se transforment en ce que nous percevons comme un son. L'ouïe est omniprésente, que nous y prêtions attention ou non. Parfois, au travail, nous écoutons de la musique pour nous aider à nous concentrer. Bien que nous l'entendions, nous ne l'écoutons pas forcément attentivement. Nous travaillons, et la musique est diffusée en fond sonore.

Comme vous pouvez le constater, les processus supérieurs tels que la conscience ou la construction du sens ne sont pas nécessairement impliqués dans le processus d'écoute. Toutefois, si la voix et les paroles de votre interlocuteur finissent par constituer la musique de fond de vos pensées, il pourrait se sentir négligé, voire offensé.

Les gens engagent la conversation parce qu'ils souhaitent créer du lien et se sentir compris et écoutés. Les dialogues intellectuels, les discussions et le partage des émotions nécessitent un échange réciproque.

Et c'est cela l'écoute . C'est une interaction à double sens qui exige de nous que nous nous connections à notre interlocuteur, que nous nous concentrions sur ses paroles, que nous portions une attention soutenue à ce qu'il dit, que nous analysions la communication non verbale et que nous restions conscients et présents.

Bien que les deux processus reposent sur l'appareil auditif et la détection des sons, ils semblent très différents. Pourtant, ils entretiennent en réalité une relation dynamique : l'ouïe est nécessaire pour recueillir l'information, et l'écoute pour la contextualiser et lui donner un sens.

Écoute active

Lorsque nous écoutons quelqu'un dans le but de comprendre et de contribuer à la communication, on parle d'écoute active . L'écoute active est également une technique thérapeutique qui implique plusieurs autres processus :

  • Rester neutre : l’écoute active signifie rester exempt de jugement.
  • Patience : donner à l'autre personne le temps et l'espace nécessaires pour s'exprimer.
  • Réactions : sourire, hochements de tête, contact visuel, etc.
  • Questions : lorsque vous pratiquez l’écoute active, vous posez également des questions à l’autre personne sur son histoire, l’aidant ainsi à surmonter les obstacles et à partager sa vérité.
  • Réflexion : vous pouvez réfléchir à ce que dit l’autre personne en partageant votre expérience sur le même sujet, ou en indiquant ce que vous ressentez en entendant son histoire.
  • Clarification : il peut être utile, pour vous comme pour l’autre personne, de lui demander de clarifier un point qu’elle a abordé précédemment, car cela montrera que vous êtes à l’écoute et permettra de mieux comprendre la situation pour chacun de vous.
  • En résumé : de temps à autre, au cours de la conversation, vous pouvez résumer ce que votre interlocuteur vous a dit jusqu’à présent, et il peut confirmer votre résumé ou le corriger.

Pourquoi l'ouïe et l'écoute sont-elles importantes pour notre bien-être ?

L'ouïe étant un processus psychophysiologique, son rôle principal est de nous informer des événements qui se produisent dans notre environnement. Par exemple, si nous sommes concentrés sur une activité et qu'un bruit fort et soudain retentit, notre ouïe attirera immédiatement notre attention sur ce bruit, car il peut signaler un danger.

L'ouïe nous permet de nous orienter dans notre environnement, et seuls ceux qui ont perdu ce sens peuvent mesurer son importance pour la découverte et la création de connaissances sur le monde. On estime que nos oreilles perçoivent environ 100 000 bits d'information par seconde ; imaginez la quantité que cela représente au quotidien ou à la semaine.

L'écoute, en revanche, est une façon de créer du lien avec autrui. Les personnes qui utilisent la langue des signes peuvent être des auditeurs actifs tout autant que celles qui entendent. Cela nous montre à quel point l'écoute est un processus fondamental. Elle nous aide à développer de l'empathie, à nous sentir connectés aux autres et à accomplir quelque chose d'utile pour autrui.

C'est un atout précieux pour préserver son bien-être mental et construire des relations saines. Essayez de vous souvenir d'une situation où une personne à qui vous vouliez parler ne vous écoutait pas. Vous avez peut-être ressenti de la dévalorisation, de la solitude, un manque de respect et d'affection, ainsi que de l'anxiété.

L'écoute nous permet de créer des liens forts, d'échanger des connaissances et des idées qui changent la vie, de partager des souvenirs, de raconter des histoires et de résoudre les problèmes et les conflits avec plus d'efficacité et de meilleurs résultats.

Comment devenir un bon auditeur

Dans quel rôle vous voyez-vous le plus souvent : celui d’« auditeur » ou celui d’« auditeur » ? Même si vous êtes un très bon auditeur, il y a toujours moyen de s’améliorer. Après tout, si vous êtes en train de lire cet article, c’est que vous avez envie de découvrir de nouvelles techniques d’écoute active et attentive.

Voici quelques conseils pour devenir un meilleur auditeur.

Faire preuve de curiosité

Écouter les autres, c'est avant tout manifester un intérêt sincère pour ce qu'ils disent et pour le comprendre. Les écouter attentivement et se concentrer sur leurs propos devrait susciter davantage d'intérêt que de chercher à formuler une bonne réponse.

Faire preuve de curiosité donne à l'autre personne le sentiment d'être vue et importante. Cela lui montre que vous lui accordez une réelle attention et que vous êtes pleinement investi(e) dans la conversation. En adoptant cet état d'esprit, vous constaterez que vous vous intéresserez naturellement de plus en plus aux conversations.

Définissez des intentions et des objectifs pour améliorer votre écoute.

Posez-vous les questions suivantes : Pourquoi est-ce que je souhaite développer une écoute attentive ? En quoi cela m’aidera-t-il ? Quel impact cela aura-t-il sur ma vie et celle de mes proches ? Dressez la liste de plusieurs indicateurs qui constitueront les objectifs que vous vous efforcerez d’atteindre et fixez-les comme buts . Pour mieux définir vos objectifs, vous pouvez également préciser vos intentions plus générales concernant l’amélioration de vos compétences d’écoute et réfléchir aux méthodes, au temps et aux personnes avec lesquels vous les mettrez en pratique.

Soyez attentif et présent

Ralentissez et concentrez-vous davantage sur ce qui vous entoure. Qu'est-ce qui capte votre attention en ce moment ? Si quelqu'un parle et que vous êtes absent, comment pouvez-vous recentrer votre attention sur lui ? Écoutez la couleur de sa voix, son ton, son choix de mots, sa communication non verbale. Qu'en déduisez-vous ?

Posez des questions ouvertes

Lorsque vous posez des questions, évitez les questions fermées (réponse par oui ou non) et privilégiez les questions ouvertes qui appellent des réponses détaillées, celles qui suscitent des échanges constructifs et incitent les participants à s'exprimer davantage. Cela laissera suffisamment de place à d'autres aspects de l'écoute active, comme les questions de suivi, les demandes de clarification et les reformulations.

Pas de jugement

Bien que le jugement soit un processus cognitif normal, il limite notre perception à certaines informations. En effet, un esprit qui juge est moins enclin à écouter attentivement l'autre personne et à accepter un autre point de vue. Essayez de mettre de côté vos jugements lorsque vous discutez avec elle. Posez davantage de questions pour élargir votre perspective sur le sujet.

Résumer

Résumer les points abordés lors de la conversation permet à votre interlocuteur de se sentir écouté et valorisé, tout en témoignant de votre implication. C'est également une excellente occasion de corriger et de clarifier d'éventuels malentendus.

Ancrez-vous dans le sujet

Pour avoir une conversation intéressante, évitez d'aborder des sujets qui n'ont pas grand-chose à voir avec le thème principal de la conversation.

Si vous avez tendance à être trop enthousiaste pendant une conversation et à vouloir enchaîner les idées et les sujets, essayez de vous recentrer sur la raison principale de cette discussion et de vous y tenir jusqu'à la fin. Mettez de côté toutes les autres pensées : reconnaissez leur présence et laissez-les passer.

Acceptez vos erreurs

Si vous avez du mal à admettre vos torts et à présenter vos excuses, l'écoute active peut s'avérer très difficile pour vous. L'écoute active consiste à écouter l'autre personne, à créer un lien par la conversation et à construire ensemble le récit de votre relation, plutôt que d'avoir raison à tout prix.

Si vous pensez que cela vous concerne, ne vous inquiétez pas. C'est un point sur lequel vous pouvez travailler. Parmi les activités qui peuvent vous aider à améliorer votre capacité à accepter les critiques et à reconnaître vos erreurs, citons la tenue d'un journal, les consultations avec un thérapeute, la pleine conscience et le temps de réflexion avant de répondre.

Il est essentiel de faire des pauses dans la communication, car cela permet de moins réagir et de mieux maîtriser son comportement. Parfois, sans réfléchir à nos réactions, nous blessons autrui. À l'inverse, prendre dix secondes pour faire une pause, respirer profondément et réfléchir avant de répondre peut nous aider à nous calmer et à reconnaître nos erreurs.

Communication non verbale

La communication non verbale est aussi importante que les techniques verbales d'écoute active. Parmi les exemples de communication non verbale, on peut citer le fait de se pencher vers son interlocuteur, d'établir un contact visuel, d'acquiescer, de modifier son expression faciale en fonction du ton émotionnel de la conversation, et, le cas échéant, le contact physique.

Arrêtez de remplir les blancs

S'exercer à écouter est une excellente occasion d'arrêter de combler les lacunes des récits. Parfois, lorsqu'on raconte une histoire, il manque des éléments, et au lieu de demander des précisions et des explications, on a tendance à les combler mentalement, en supposant que les choses se sont passées d'une manière ou d'une autre.

Au lieu de remplir les blancs de cette manière, revenez à poser des questions et aidez votre interlocuteur à développer ses réponses.

Valider

L'écoute active est déjà une forme de validation en soi, mais vous pouvez l'enrichir. Essayez de reconnaître les pensées et les sentiments de l'autre personne et de les comprendre dans le contexte de son passé, de sa situation actuelle et de sa personnalité.

Ralentissez la communication

Pour créer une ambiance conviviale et détendue où chacun se sent à l'aise pour s'exprimer, évitez d'entamer la conversation trop vite et de force. Prenez le temps d'échanger quelques mots pour mettre les gens à l'aise et apaiser les premières appréhensions.

Au fil de la conversation, prenez votre temps. Essayez de ralentir le rythme. Se précipiter peut engendrer des disputes et des discussions stériles, alors que vous souhaitez simplement un dialogue constructif et enrichissant.

Ne donnez de conseils que lorsqu'on vous les demande explicitement.

Donner des conseils peut s'avérer problématique dans de nombreux contextes. Ceux qui ont tendance à prodiguer des conseils se placent généralement en position de pouvoir, car ils semblent détenir le privilège du savoir.

Cependant, les personnes à qui vous donnez des conseils peuvent se sentir intimidées et incomprises car, parfois, elles souhaitent simplement être écoutées, sans avoir besoin de commentaires ou d'instructions supplémentaires sur la conduite à tenir. C'est pourquoi il faut être très prudent lorsqu'on donne des conseils et ne le faire que lorsqu'on vous le demande explicitement.

Au lieu de donner des conseils, vous pouvez partager votre propre histoire ou expérience qui présente une analogie avec celle de votre interlocuteur.

Éliminer les distractions

Bien que la vie moderne soit pleine de distractions, notamment avec nos appareils électroniques, il est essentiel de les éliminer pendant une conversation. Par exemple, vous pouvez mettre votre téléphone en mode silencieux et le ranger dans votre sac ou votre poche, ou le poser face cachée sur la table pour montrer à votre interlocuteur que vous ne regarderez pas l'écran pendant que vous parlez.

Pratiquer l'écoute active

Vous pouvez faire ces petits exercices avec des personnes qui vous sont proches, afin d'apprendre ensemble à mieux écouter.

Par exemple, lors d'une séance, vous pouvez raconter une histoire personnelle de 5 à 10 minutes, et après une courte pause, l'autre personne raconte également son histoire.

Ensuite, vous vous asseyez et prenez le temps de discuter de cette expérience :

  • Qu'avez-vous ressenti en étant écouté(e) ?
  • Qu'avez-vous ressenti en partageant librement votre histoire ?
  • Analysez les détails des histoires.
  • N'hésitez pas à vous interroger mutuellement sur toute information manquante ou nécessitant des éclaircissements.
  • Résumez l'histoire de l'autre.

Conclusion

Bien que nous apprécions tous d'être entendus, beaucoup d'entre nous ne savent toujours pas comment s'écouter véritablement. Écouter avec patience, attention, intérêt sincère et engagement n'est pas toujours simple. Nos vies sont tellement remplies qu'il est parfaitement compréhensible que nous ne puissions pas toujours être pleinement présents et actifs dans chaque conversation.

C'est pourquoi l'apprentissage de différentes méthodes et techniques d'écoute peut faire toute la différence dans ce domaine. Chaque effort que vous déployez pour améliorer votre écoute vous rapproche de l'autre personne et renforce votre lien et votre relation.

Chacun apprécie d'être entendu et écouté. Que ce soit un inconnu dans la rue, votre meilleur ami, votre partenaire, un membre de votre famille ou un collègue, les principes de l'écoute active restent les mêmes. Bien que certaines personnes se confient plus facilement que d'autres, ils s'appliquent néanmoins à toutes les relations et situations.

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