Compassion envers soi-même, amour de soi et bienveillance envers soi-même
Certains d'entre nous s'épanouissent dans le monde compétitif et exigeant d'aujourd'hui, tandis que d'autres le trouvent insurmontable. Quoi qu'il en soit, nous sommes tous, à un moment ou un autre de notre vie, confrontés au doute, à la peur et à une forme d'anxiété. Nous trébuchons, nous tombons et nous échouons – c'est inévitable. Mais face à l'adversité, comment apaiser notre critique intérieure tout en assumant pleinement la responsabilité de notre vie ?
Pour échapper aux critiques : ne rien faire, ne rien dire, n’être rien. — Elbert Hubbard
Autorisation de parler : Le cerveau reptilien
Au cours de notre évolution, nous avons aussi développé une tendance à nous comparer aux autres et à inventer de nouvelles façons de nous dévaloriser. Imaginez : vous êtes photographe amateur et vous publiez une photo sur Instagram. Vos amis aiment votre photo, la satisfaction est immédiate, vous lisez les commentaires élogieux et puis… un inconnu critique votre photo sans raison et vous déstabilise.
Les occasions ne manquent pas pour que notre cerveau reptilien s'exprime. Cette partie primitive de notre cerveau, responsable de la réaction de lutte ou de fuite , est notre critique la plus sévère. On craque et on mange une part de gâteau (ou, soyons honnêtes, on mange le gâteau entier) pendant un régime. On rate un examen. On sabote sa propre réussite par peur des responsabilités qui pourraient en découler. On rate un entretien d'embauche. Une mère critique notre façon d'élever nos enfants au parc. Voilà ce dont se nourrit notre cerveau reptilien. Certains de ces incidents malheureux sont de notre fait, d'autres sont totalement hors de notre contrôle, mais notre cerveau reptilien nous en tiendra toujours responsables.
À la préhistoire, il nous protégeait des prédateurs. Aujourd'hui, on a souvent l'impression que notre cerveau reptilien a pris le rôle de la bête féroce qu'il nous faut apprivoiser. Comment ? Lisez la suite.
Pourquoi avons-nous besoin d'une pilule de relaxation ?
Il est bien trop facile d'être dur envers soi-même et nettement plus difficile de lâcher prise. Même si la plupart de nos actions sont réversibles, nous avons tendance à trop réfléchir, à imaginer des scénarios catastrophes et à ressasser la moindre erreur. Perdre le sommeil à cause d'une faute de frappe ? Ou de cette remarque maladroite faite il y a quelques mois ? C'est absurde, n'est-ce pas ? Et pourtant, nous en sommes toujours là.
L'autocritique, c'est-à-dire le stress que l'on s'inflige soi-même, entraîne un manque de sommeil, une baisse de motivation et de productivité, et, au final, un mal-être. Sans parler du risque d'anxiété et de dépression . Si vous cherchez une solution pour vous libérer de l'autocritique, vous êtes au bon endroit.
L'autocompassion : idées reçues courantes
Si vous n'êtes pas convaincu·e, permettez-nous de préciser ce que l'autocompassion n'est pas. L'autocompassion n'a rien à voir avec la faiblesse ou la vulnérabilité. Ce n'est ni de l'apitoiement sur soi, ni de l'égocentrisme, ni de la complaisance, ni de l'égoïsme. L'autocompassion ne vous rendra ni paresseux·se, ni complaisant·e, ni égocentrique. Et, s'il vous plaît, pour votre bien-être mental, ne la confondez pas avec de l'insécurité ou de l'arrogance. L'autocompassion n'est pas un défaut. C'est une nécessité absolue.
Toute la vérité, rien que la vérité
L’autocompassion est une forme d’empathie, parfois appelée amour de soi . Selon la professeure Kristin Neff, pionnière dans l’étude de l’autocompassion, elle se compose de trois éléments principaux :
- l’auto-bienveillance – se traiter comme un ami – avec soin et gentillesse, plutôt qu’avec un jugement sévère ;
- l’humanité partagée – la prise de conscience que personne n’est parfait ni isolé dans l’imperfection de la condition humaine ;
- La pleine conscience – accepter le moment présent, reconnaître la douleur résultant de notre autocritique.
L'autocompassion n'est pas un événement ponctuel, ni un acte isolé. C'est un processus de guérison qui implique le pardon, le dépassement de la douleur et une prise de recul par rapport à soi-même pour évaluer les dégâts et les réparer.
Comment être plus bienveillant envers soi-même
Avant tout, rappelez-vous que la relation que vous entretenez avec vous-même est la plus importante. Ce n'est qu'en vous aimant et en vous acceptant que vous pourrez aimer et accepter les autres. Nous n'avons qu'un seul corps, qu'un seul esprit et qu'une seule vie (du moins selon nos connaissances scientifiques actuelles) – soyons-en reconnaissants comme il se doit. Pour prendre soin de vous , essayez de suivre ces règles de base (à ne pas confondre avec la facilité) :
- Comprenez et acceptez votre passé : tout ce qui s’est passé dans votre vie vous a mené jusqu’à aujourd’hui et vous a rendu plus fort. Aucun regret, seulement de la gratitude.
- Pardonne-toi – personne n'est parfait. Quelles que soient tes erreurs ou tes mauvais choix, ils sont autant d'enseignements. Tu ne savais pas mieux avant, mais tu le sais maintenant.
- Évitez de vous comparer aux autres – comme le disait Theodore Roosevelt, « la comparaison est le voleur de joie ». Elle n'apprécie guère les rêves, les ambitions, la motivation ni l'inspiration.
- Pleurez un bon coup – ça peut être très libérateur. Ne vous retenez pas, laissez tout sortir. Si vous ne vous sentez pas complètement transformé après, vous vous sentirez au moins beaucoup plus léger.
- Accueillez votre enfant intérieur – l’enfant que nous étions vit toujours en nous et il a peut-être besoin d’un câlin. Regardez au fond de vous, retrouvez votre jeune moi et entourez-le d’amour.
- Acceptez les mauvais jours – même si nous aspirons tous à un bonheur constant 24h/24 et 7j/7, il faut parfois traverser des périodes plus sombres pour pouvoir apprécier les moments plus lumineux.
- Soyez attentif à votre dialogue intérieur : les mots que nous utilisons envers nous-mêmes sont importants ; ils peuvent vous aider ou vous nuire. Choisissez vos mots avec soin et aimez-vous grâce à des affirmations positives.
- Investissez en vous-même – consacrez votre temps et votre argent à ce qui compte vraiment : l’éducation, la santé, vos rêves et vos objectifs.
- Assumez pleinement qui vous êtes – ayez le courage de rester fidèle à vous-même et de vous sentir bien dans votre peau. Comme le dit Marie Forleo : « Vous êtes un événement unique et extraordinaire dans l’univers » – respectez cela.
- Fais ce qui te semble juste – et seulement ce qui te semble juste. Écoute ton cœur, il te dira toujours la vérité. Laisse-le parler et suis sa voix.
- Savourez le moment présent – comme aiment à nous le rappeler les philosophes stoïciens , nous ne savons jamais vraiment combien de temps il nous reste. Chaque jour est un cadeau.
Comment pratiquer l'autocompassion : plan d'action
Vous vous connaissez mieux que quiconque et vous savez probablement déjà ce qui vous convient. Toutefois, si vous nous le permettez, nous aimerions ajouter quelques idées à votre pratique de l'autocompassion.
Tout d'abord, trouvez un endroit calme pour vous asseoir en toute tranquillité. Essayez de vous reconnecter à votre voix intérieure pour y voir plus clair. La meilleure version de vous-même est là, en vous, même si, pour une raison ou une autre, vous n'arrivez pas à la voir pour l'instant. Demandez-vous : que puis-je faire pour t'aider ? Comment puis-je mieux t'aimer et te soutenir ?
N'oubliez pas que vous parlez à un ami . Vous avez traversé tellement d'épreuves ensemble, personne ne peut vous comprendre mieux que vous. Soyez bienveillant envers vous-même, acceptez-vous tel que vous êtes, avec vos défauts et vos qualités. Et ensuite, commencez…
- se consacrer davantage aux soins personnels ;
- célébrer vos succès, aussi petits soient-ils ;
- reconnaître les progrès, aussi minimes soient-ils ;
- noter les éloges des autres ;
- tenir un journal sur l'amour de soi ;
- visualiser sa meilleure version et agir à partir de ce niveau ;
- Faire davantage ce qui vous rend le plus heureux.
La passion dans l'auto-compassion
Se respecter, c'est faire ce que l'on sait être le mieux pour soi, même face à l'adversité (tant que nos actions ne mettent personne en danger). L'auto-compassion n'est pas la voie de la facilité – bien au contraire – elle exige du temps, de l'engagement et des efforts. Elle requiert cette force qui nous est propre : l'amour. Faites taire vos instincts primaires, travaillez à redéfinir l'auto-compassion dans votre vocabulaire intérieur et faites du bien-être une habitude. Vous en ressentirez les bienfaits pendant des années.
Bonus : Affirmations d’amour-propre
Je suis mon meilleur ami.
Je choisis de parler de moi avec bienveillance.
Je me respecte, donc les autres me respectent.
Plus je m'aime, plus j'ai d'amour à donner.
J'aime qui je suis. J'accepte et je célèbre ma singularité.
Pour cultiver davantage d'amour-propre et renforcer votre confiance en vous, envisagez d'intégrer des affirmations positives à vos rituels quotidiens de soins personnels et à vos pratiques de pleine conscience.